Quand le collègue nous énerve

Publié le par Cristian

Avec leurs petites particularités, nos chers collègues peuvent vraiment mettre nos nerfs à vif. C’est surtout dans les bureaux en espace ouvert que les employés sont livrés aux défauts des autres - sans aucune chance d’être secourus. Si votre niveau d’agressivité augmente continuellement, il n’y a qu’une solution : la discussion.

C’est inévitable dans chaque grand bureau ouvert : tout le monde capte tout de tout le monde. Par exemple quand la collègue du bureau d’en face tape à nouveau comme une forcenée sur le clavier de son ordinateur ou que le collègue derrière a, pour la énième fois, une conversation privée au téléphone à une hauteur « tout-le-monde-doit-m’entendre », la patience ne tient souvent plus qu’à un fil. Mais même avec la plus grande tolérance du monde, personne n’est obligé de supporter cela. Car à terme, ces petites manies peuvent devenir un vrai facteur stress rendant toute concentration impossible. Celui qui ne veut pas se crisper des heures durant dans son fauteuil de bureau doit aborder le problème ouvertement.

Rechercher les causes

En premier lieu, il s’agit de rechercher les causes de l’énervement, conseille Mark Kefel, psychologue et conseiller en santé à Wuppertal. Est-ce vraiment le gigotement permanent de collègue qui provoque le sentiment d’aggression et de la tension ou la situation de travail en elle-même ? Dans les grands bureaux justement, on a souvent le sentiment d’être « servi » à ses collègues, d’être exposé aux regards des autres, ce qui conduit à un sentiment de malaise et de nervosité - quelque soit la façon d’agir des autres. « Dans ce cas, il peut être utile d’utiliser des paravents ou des plantes que l’on installe comme séparation entre les bureaux », propose l’expert. « C’est en effet un besoin naturel d’avoir une possibilité de repli. Parfois, cela aide aussi de faire consciemment une pause et de quitter le bureau quelques minutes afin de se changer les idées. »

Si les plantes ou les promenades dans le couloir ne résolvent pas le problème, une conversation avec le « trouble-fête » est inévitable - aussi désagréable que ce soit. Personne n’aime dire à un collègue que ses tirades « ici-tout-est-nul » tue dans l’œuf la moindre petite étincelle de motivation ou que son odeur corporelle plutôt forte amène à supposer que la douche n’a pas servi depuis quelques temps. Pour Brigitte Scheidt, psychologue et conseillère en carrière à Berlin, il hors de question de ne rien dire par peur d’être catalogué dans le registre « chochotte ». « Chacun a le droit d’avoir sa propre façon de ressentir les choses. Et si par exemple, cela me dérange qu’un collègue m’adresse sans arrêt la parole et m’arrache à mon travail, j’ai le droit de le dire », souligne-t-elle. On peut aussi aborder la chose de façon amusante - par exemple en installant sur son bureau une peluche indiquant selon la position de celle-ci si on veut bien être abordé ou pas.

Le mécontentement continu rend malade

Mark Kefel, conseiller en matière de stress, voit cela de la même façon. En effet, si un employé se sent vraiment tourmenté par le comportement d’un collègue, cela peut même le rendre malade. « Le mécontentement causé pas un collègue râlant à longueur de journée ou croyant toujours tout mieux savoir que les autres est un stress qui, à long terme, pèse », explique Kefel. « Si le problème ne peut être résolu en quelques semaines ou quelques mois, cela peut conduire, dans le pire des cas, à des problèmes de santé. » Le psychologue énumère en tant que conséquences possible des symptomes de stress tels qu’état de tension, palpitations cardiaques, sudation et hypertension. « Il ne faut pas sous-estimer ce genre de conflits ». Il faut essayer de les aborder le plus vite possible. »

Mais on ne peut trouver un compromis que si l’employé tourmenté respecte les règles d’or du règlement de conflit - même si le membre de l’équipe concerné le met vraiment en rogne. Par exemple, une mauvaise méthode serait de se coaliser avec d’autres collègues afin de mettre le « casse-pieds » au pilori. « Quand vous avez dix personnes autour de vous qui vous reprochent quelque chose, l’envie ou la volonté de changer peut être assez mince. Au contraire, cela peut même enclencher un mécanisme de survie élémentaire : défends-toi ou meurs. », explique Kefel. « De plus, il ne faut pas oublier que le collègue concerné ne dérange pas de façon volontaire, mais qu’il n’est absolument pas conscient de son comportement gênant. Donc, si on aborde le problème, il vaut mieux le faire en tête à tête. »

Formuler le problème à la première personne

Mais ce n’est pas la seule clef indispensable au succès, complète l’experte Brigitte Scheidt. Même dans une pièce à l’écart, il vaut mieux aborder le problème à la première personne », conseille-t-elle. Une formule du genre « Est-ce que je peux te dire quelque chose ? Je n’arrive pas à me concentrer parce que tu me parles tout le temps » n’agresse pas l’autre et augmente les chances que quelque chose change. « De cette manière, je lui explique quel effet son comportement a sur moi et quels sont mes souhaits. Il peut donc réagir en toute tranquillité. »

Mais celui qui commence une telle conversation doit en retour aussi être prêt à écouter. « On a soi-même sûrement une façon de voir plutôt unilatérale, il faut donc prévoir que le collègue réagisse et aussi être ouvert à ses souhaits », souligne Mark Kefel. En effet, on s’énerve souvent à cause des manies des autres alors que l’on perd de vue ses propres tics. Une conversation ouverte peut éclaircir des choses des deux côtés. Il est possible qu’après, on réduise soi-même sa dose de parfum à un minimum parce que les collègues peuvent tout à fait se passer d’un nuage de parfum ambulant au bureau.


SOURCE : http://contenu.monster.ch/10545_fr-CH_p1.asp
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Publié dans Santé

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