Problème de synonymie : confrère, collègue, condisciple, etc.

Publié le par Cristian

Aux plaisirs des mots

L’usage québécois consistant à désigner du nom de confrère un compagnon d’études n’est pas conforme à l’usage général de ce mot en français. Des dictionnaires usuels consultés il ressort que l’appellation de confrère est réservée le plus souvent aux membres d’une même profession libérale. Ainsi un traducteur pourra parler de son confrère traducteur. Le mot s’applique aussi aux membres d’une confrérie, d’une académie ou d’autres associations prestigieuses. Exemple : « L’écrivain X et le philosophe Y étaient confrères à l’Académie française. »

Cette piste nous conduit à collègue. Contrairement à confrère, ce n’est pas la profession, mais la communauté de fonction ou de milieu de travail, qui en constitue le trait spécifiant. Toutefois, cette appellation, comme celle de confrère d’ailleurs, n’est associée qu’aux tâches de nature intellectuelle. Ainsi, les membres d’un service de marketing dans une entreprise sont des collègues.

Si nous revenons à notre notion de compagnon d’études, évoquée au premier paragraphe, il semble bien que c’est vers condisciple qu’il faut se diriger. Les dictionnaires nous apprennent en effet que ce terme désigne celui avec qui on étudie dans un établissement d’enseignement. Exemple : « Il a été le condisciple de Michel Saint-Pierre au Séminaire de Saint-Hyacinthe. » Le terme fait sans doute un peu solennel. Si l’on tient à un terme aux consonances plus familières, il faudrait sans doute se tourner vers camarade.

Le Larousse précise qu’un camarade est une personne à qui on est lié par une familiarité, née du partage d’activités communes dû aux circonstances plus qu’à un choix délibéré. Bien que la gauche ait un peu accaparé ce terme, qu’on voulait égalitaire, il reste bien vivant dans son acception courante, énoncée ci-dessus. De plus, le terme accepte volontiers un déterminant qui en précise la portée : « camarade de classe, camarade de jeu, camarade de travail ». Toutefois, il implique des liens moins profonds que compagnon. Ce dernier suppose en effet une communauté de vie, de sentiments, d’idéal. En ce sens, il serait un parfait substitut de l’affreux « chum », omniprésent dans notre vocabulaire des relations humaines.

            Est-il besoin de préciser que ces termes ont soit des féminins épicènes comme collègue, camarade, condisciple, soit une forme féminine spécifique comme consœur (pour confrère), compagne (pour compagnon). L’emploi ironique de consœur semble en voie d’extinction avec la valorisation des féminins dans le discours.


Terme

Trait sémantique commun

Traits spécifiants

Confrère

Partage de vie relié

à l’exercice d’une même profession

Collègue

 

à un milieu de travail commun

Condisciple

 

à des études effectuées dans une même classe au sein d’un même établissement

Camarade

 

À une certaine familiarité suscitée par des activités communes résultant de circonstances plus que d’un choix

Compagnon

 

à une communauté de vie, de sentiments ou d’idéal

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Publié dans Littéraire

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