D'Irak au Vietnam
Le Vietnam est de retour sur la scène politique américaine. Près de trente ans après la chute de Saïgon, le conflit vietnamien hante à nouveau les esprits en cet automne 2004. François Weil, directeur du Centre d'études nord-américaines (CENA) revient sur cet épisode tragique de l'histoire américaine qui prend aujourd'hui les traits du conflit irakien.
Pour certain cependant, la comparaison entre la situation irakienne et le conflit indochinois reste un lieu commun dans les médias. Pour l'analyste militaire russe Pavel Felgenhauer, le rôle déterminant joué par l'Union soviétique au Vietnam et l'absence de superpuissance opposée aujourd'hui aux Etats-Unis excluent cependant toute similitude.
Enfin, la polémique fait rage sur les états de service respectifs de John Kerry, qui a servi au Vietnam et a été décoré pour ses faits d'armes avant de devenir un critique virulent de la guerre, et de George W. Bush qui, comme de nombreux Américains, a pu éviter de servir au Vietnam.
C'est l'une des conséquences des attentats du 11 septembre 2001 et des opérations militaires qui ont suivi en Afghanistan et en Irak que d'avoir remis à l'ordre du jour un sujet soigneusement évité depuis qu'au début des années 1980, Ronald Reagan avait entrepris, avec de remarquables compétences d'anesthésiste, de tourner la page du Vietnam. Désormais, il en va autrement, et l'on peut penser que le retour du Vietnam dans le débat politique américain n'est pas un phénomène temporaire lié à l'élection présidentielle de 2004 et à l'histoire personnelle de George W. Bush et de John Kerry.
L'absence de perspective de sortie de crise pour les Américains en Irak, au moins sur le court terme, ne devrait pas manquer de renforcer la comparaison avec le Vietnam. De plus, les Américains ont historiquement toujours appris à vivre dans le souvenir des guerres qu'ils avaient menées, quels que soient les traumatismes qu'elles avaient provoqués – qu'il s'agisse de la mémoire de la guerre d'Indépendance dans les années 1780-1840, de la guerre de Sécession dans les années 1870-1910, de la Première guerre mondiale, ou de la Seconde guerre mondiale et de la guerre de Corée depuis les années 1950. De ce point de vue, le traitement du Vietnam dans les années 1980 et 1990 apparaît plutôt comme une parenthèse, désormais fermée.
Je ne citerai que ces paroles pour conclure cet article :
President Dwight D. Eisenhower
16 avril 1953
SOURCE :
http://www2.cnrs.fr/presse/thema/324.htm
http://www.checkpoint-online.ch/CheckPoint/Forum/For0058-RussieIrakPasVietnam.html