Documentaire (Social) : Mon enfant n’est pas un cœur de cible
Voici une enquête minutieuse sur la relation incestueuse entre la télévision et le marketing pour enfants . « Oui, les enfants sont des cibles marketing et les programmes sont conçus en fonction des indications de la régie pub », reconnaît Dominique Poussier, responsable de l’Unité jeunesse de TF1. « Les enfants sont des consommateurs comme les autres, ils font clairement la différence entre pub et dessins animés » confirme Corinne Malsert de l’agence TBWA. « Nous sommes des manipulateurs d’émotions infantiles » confesse le président du syndicat des producteurs de films d’animation, etc…
On estime que pour 850 heures par an consacrées à l’école, nos enfants passent en moyenne 796 heures devant la télévision ! Six sur dix se réveillent avec la télé avant d’aller à l’école…
« C’est facile de faire tomber un enfant dans l’hypnose, surtout quand on doit faire de l’audience de masse », précise le directeur des programmes de Gulli, chaîne du câble leader auprès des 6-10 ans.
Placés seuls devant l’écran, les enfants, « jeunes cerveaux disponibles » font-ils clairement la différence entre publicité et dessins animés ? Les programmes qu’on leur propose influencent-ils leur comportement, leurs apprentissages, leur construction psychique ? De quelle manière ? Avec quelles conséquences ? Pourquoi le patron du lobby agroalimentaire est-il intervenu personnellement auprès de Xavier Bertrand lorsque ce dernier voulait interdire la publicité pour la « mal bouffe » dans les tranches jeunesses au nom de la lutte contre l’obésité ? Pourquoi le CIEM (collectif inter-associatif enfance et médias) fait-il campagne pour une « diététique des médias » ?
Pour répondre à ces questions, Jean-Philippe Desbordes mène l’enquête. Tout en s’appuyant sur les recherches scientifiques internationales réalisées depuis 1960 sur « l’addiction par l’écran », il convoque pour nous : les enfants d’une école - celle de son fils -, des psychiatres (Serge Tisseron, Claude Allard…), des psychologues (Geneviève Djénati, Pierre Winterstein …), des parents d’élèves « accros aux écrans », des acteurs sociaux, des publicitaires et des professionnels de la télévision. Le bilan est accablant.
Télévision + marketing = aliénation ?
Un document à lire d’urgence par ceux qui veulent comprendre pourquoi leurs enfants restent «scotchés » si longtemps devant la télévision et qui cherchent le moyen de les préserver.
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