Un groupe de réflexion remet en cause la guerre contre le terrorisme

Publié le par Ckrock

Le groupe de réflexion américain RAND conteste la stratégie adoptée contre Al-Qaeda et appelle à de nouvelles méthodes. - EpaLe groupe de réflexion américain RAND Corporation vient de rendre ses conclusions dans une étude sur les groupes terroristes. Le rapport conteste la stratégie adoptée contre Al-Qaeda et appelle à de nouvelles méthodes.

Le rapport de Rand Corporation dissèque à travers plus de 200 pages d'analyses statistiques l'activité de 648 groupes terroristes entre 1968 et 2006. L'organisation, qui collabore avec le Pentagone, a classé les différents groupes selon de nombreux critères tels que les effectifs, les objectifs, les revenus financiers, le régime politique, l'orientation politique ou religieuse, le territoire d'implantation, etc.

Les questions posées étaient variées. Le dossier intitulé "Que deviennent les groupes terroristes?" (How do terrorist groups end?) apporte un éclairage opportun sur la manière de mettre fin à la terreur semée par les membres de ces groupes.

Selon les conclusions de la Rand Corporation, les terroristes atteignent très rarement leurs objectifs: seulement 27 groupes (soit 10% de ceux étudiés par le think tank) ont cessé leurs activités après avoir atteint leur but, comme ce fut le cas du FLN en Algérie. 114 (43%) ont rendu les armes en concluant un accord politique avec l'Etat. 107 (40%) ont été combattus par des moyens policiers et juridiques, comme le renseignement, l'infiltration des cellules, l'arrestation des leaders et le développement de la législation antiterroriste. 20 groupes seulement, soit 7% du total, ont été vaincus sur le terrain par des moyens militaires.

Pessimiste concernant la stratégie américaine

Le think tank, créé en 1948, décortique aussi le cas Al-Qaeda. Le rapport juge les chances de réussite de la nébuleuse comme proches de zéro. Toutefois, il exclut d'emblée un quelconque accord politique, d'autant moins concevable que les ambitions du groupe terroriste sont démesurées.

Le rapport conteste la solution militaire,seule réponse apportée par les nations, mise en oeuvre actuellement pour contrecarrer les plans des terroristes. Elle conduirait forcément à l'échec: "Il n'y a pas de solution sur le champ de bataille". L'étude démontre aussi que les efforts déployés pour combattre l'ennemi ont "l'effet inverse", crééant la colère au sein des populations qui rallient les groupes terroristes.

RAND Corporation, qui a compté, parmi ses membres, d'éminents personnages tels que l'actuelle secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice (de 1991 à 1997) ou encore l'ancien secrétaire d'Etat à la Défense Donald Rumsfeld (président de l'association de 1981 à 1986), a rendu un avis défavorable à la "guerre contre le terrorisme" américaine.

L'association basée à Santa Monica en Californie préconise une action basée sur le renseignement. Selon les membres de ce groupe, la lutte face à ces groupes devrait échoir à la CIA et au FBI plutôt qu'à l'armeé, dont l'action est jugée néfaste.

L'objectif annoncé consiste à viser les principaux "noeuds" du réseau, que ce soit la communication, le financement ou les points de décision.

Le vocabulaire utilisé contesté

Pour autant, l'étude ne milite pas pour un désengagement militaire total, comme cela est parfois envisagé concernant la situation en Irak. Mais la Rand Corporation précise que le rôle militaire ne devrait pas être exclusivement américain, soutenant ainsi l'idée d'un transfert de compétences vers l'armée locale, qui aurait plus de légitimité à agir sur place. Les marines seraient alors réduits à une mission de formation ou d'armement.

De manière beaucoup plus symbolique, le groupe de réflexion propose de modifier le vocabulaire employé par l'administration américaine: le terme adouci de counterterrorism ("antiterrorisme') se substituerait à celui de War on Terror ("guerre contre le terrorisme"). Ainsi, les fidèles de Ben Laden ne seraient plus engagés dans le "djihad" (guerre sainte) mais réduits au rang de "simples criminels".

SOURCE : Ici
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Publié dans Politique

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