Documentaire (Politique) : Culture du Cannabis au Maroc (Zone Interdite) - 25'

Publié le par Ckrock

A Ketama chaque récolte apporte son lot de petits trafiquants, de touristes convertis en véritables passeurs de drogue entre le Maroc et l’Europe. Entre barons de la drogue et commis de service qui assurent la bonne circulation de l’herbe, Ketama fait sa recette annuelle en dépit des coups de filet et des grosses prises. Virée entre Bab Bered et Bab Taza.

Pour réussir un bon séjour à Ketama, il faut immanquablement passer par ces maisons d’hôtes ou fumoirs improvisés dans des cabanes pour permettre aux gros acheteurs et même aux petits habitués de goûter le cru de l’année. Comme pour les vignobles, il y a le Beaujolais et ses séances de “dégustation” qui annoncent l’ouverture de l’année agricole ketamienne. Grâce à un guide du terroir, une randonnée dans les montagnes à travers champs et vallons, bercée par le fumet du cannabis, avec pour impératif l’escale chez l’habitant, la visite guidée dans les profondeurs de la capitale africaine et presque mondiale du haschich devient une réelle occasion de prendre contact avec quelques pontes locaux qui rythment selon les saisons la vie du grand nord marocain. Entre Bab Taza et Bab Bered en passant par Ouazzane, Chefchaouen, Tétouan et d’autres villages haut perchés, la vie prend la couleur de l’air, se teinte de l’odeur du kif et les autochtones affichent des mines affables comme bercés par les effluves éthérés de la bonne herbe, made in Morocco. Selon un habitué du coin qui assure depuis plus de quinze ans le voyage entre le Nord et le Sud comme un facteur des moments gais qui apportent dans sa besace à la fois la nonchalance du cannabis, la bonne humeur et beaucoup d’oseille, la semaine a été très bonne à Bab Bered, à quelques encablures de Chefchaouen, la capitale nationale et mondiale des passionnés de l’herbe marocaine.

L’homme porte bien ses quarante- huit printemps dont la moitié aura été consommée et consumée au rythme du feu, des soirées dansantes avec quelques joints qui pétaradent dans la tête, des récoltes et de bonnes affaires. Assis devant un brasero, sirotant un thé jebli avec un brin d’absinthe fraîche dans un verre ébréché, son ami de toujours, un propriétaire terrien qui répond au nom de Thami est d’humeur à s’épancher devant une assemblée qui ne comptait pas moins d’une bonne quinzaine d’amis, connaissances et amis des amis : “cette année la récolte est très bonne. Il y a de quoi satisfaire tout le monde et surtout les clients étrangers. L’année prochaine, il faudra miser sur d’autres lopins de terre pour planter du kif.”.

On risque alors une remarque pour le moins déplacée dans ce contexte : “est-ce que vous savez qu’au Pays-Bas certains champs de tulipes ont cédé la place au cannabis ?” Notre hôte coupe court sans appel : “non, je ne le sais pas, mais ce que je sais pour sûr c’est que les Hollandais préfèrent l’herbe marocaine”. Fin de la rumeur. Décidément, la réputation de l’herbe du pays est intacte et les tribulations des défenseurs et des détracteurs du cannabis ne sont que littérature de ce côté-ci du globe.

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Publié dans Doc. (Politique)

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