Documentaire (Social/Histoire) : Skinhead attitude (Arte) - 90'

Publié le par Cristian

undefined Documentaire de Daniel Schweizer
Suisse, Allemagne, France/ 90 min., 35 mm
Producteur : Samir et Werner Schweizer
ARTE coproduction

Sujet : Bilan des 40 ans du mouvement skinhead, de l'extrême gauche à l'extrême droite.

Critique : Etonnant et brillant documentaire que ce " Skinhead attitude " de Daniel Schweizer qui déjà en 1998 avait effectué pour la télévision un reportage très remarqué sur le mouvement skin, " Skin or die ". Or si ce dernier mettait en exergue la tendance nazie et extrême droite de la mouvance en Suisse Romande, " Skinhead attitude " se présente aujourd'hui comme une approche complète, élargie, approfondie et plus objective.
Par le biais d'une synthèse historique qui laisse une place importante aux recueil de témoignages et aux rencontres (notamment celle d'une skin-girl d'aujourd'hui, Karole) le spectateur prend conscience des dérives et des contradictions progressives d'un mouvement - à l'origine celui de musiciens comme le jamaïcain Laurel Aïtken ou encore Buster Bloodwessel du groupe Bad Manners - bien éloigné de toute forme de racisme.
C'est la formation punk Skrewdriver qui provoque la faille, délirante de méchanceté et de bêtise bientôt récupérée par des factions politiques extrémistes de droite. De fait, depuis des années le mouvement Skin est divisé: d'un côté " les traditionnels " à gauche qui résistent, de l'autre, les néo-nazis, qui forts de leurs provocations donnent une image définitivement souillée des Skins aux yeux du monde. Schweizer fait ainsi état de cette guerre intestine et malsaine de Londres à Berlin en passant par les Etats-Unis. Il rencontre les uns qui s'interrogent (encore) sur l'idée d'une quelconque réhabilitation de leur nom et s'approche des autres (on imagine avec quelles difficultés) pour un déballage particulièrement effrayant. Ne serait-ce que l'image de cette belle jeune femme néo-nazie en pleine campagne qui, avec une infinie douceur et sans sourciller, parle de la nécessaire préservation de "sa race" et invite à l'épuration, a de quoi glacer le sang. Sans emphase, toujours très proche des individus qu'il filme tout en refusant de les juger, Schweizer conclu son film sur l'assassinat récent au Etat-Unis de deux " skins traditionnels " par des néo-nazis : au delà des provocations verbales suivent les actes laissant en nous, spectateurs immobiles, les ferments d'une tourmente profonde.

Olivier Bombarda (*)

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Publié dans Doc. (Social)

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