Documentaire (Art/Culture) : David Lynch - Spéciale Tracks (Arte) - 50'
Comme Kafka ou Bergman, son nom est devenu un adjectif : lynchéen. Derrière cette appellation se dissimule une inquiétante étrangeté, marque de fabrique de son cinéma. Lynch prend un malin plaisir à nous semer dans son château hanté et à titiller nos peurs primales. Dès ses premiers courts-métrages comme "GrandMother" réalisé en 70, David Lynch plante la graine du malaise. L'initiation de Lynch aux mondes parallèles remonte à son enfance. Né en 46, à Missoula au nord-ouest des Etats Unis, David, son frère et sa soeur vont sans cesse déménager au gré des mutations de leur père : Donald. Chercheur au ministère de l'agriculture et chargé d'entretenir les forêts du pays, il va lui donner le goût de l'observation de la nature qui marque son art.
À 19 ans, il intègre les Beaux Arts de Philadelphie, plus influencé par le peintre Francis Bacon et les surréalistes que par Hollywood. Deux ans plus tard, en 67, il achète sa première caméra qu'il utilise pour son travail de fin d'année. "Six Men Getting Sick", "6 hommes tombant malades", est un film d'une minute projeté sur un écran sculpture.
En 71, David Lynch, sa femme et sa fille s'installent à Los Angeles. C'est là que siège l'American Film Institut qui vient de lui accorder une bourse pour se lancer dans la réalisation de son premier long-métrage. Il faudra cinq ans de tournage à David Lynch, la nuit dans cet entrepôt, pour venir à bout de son "Eraserhead".
Pour inventer ses autres mondes, Lynch pense aux moindres détails et exploite son background de plasticien. L'autre fondement de la planète lynchéenne, c'est le son. David prend autant de plaisir à manier un arc électrique qu'à entendre le bruit des machines. En 89, avec son complice le musicien Angelo Badalamenti, il compose la "Symphonie Industrielle n°1".
Violent, saignant, dérangeant, "Sailor et Lula" obtient la palme d'or à Cannes en 90 et envoie valser le politiquement correct. David Lynch réussit un pari soi-disant impossible: flirter avec le box-office sans se renier. Que le réalisateur fasse jouer Isabella Rosselini, Dennis Hopper, Nicolas Cage, ou qu'il signe des séries télévisées comme "Twin Peaks" avec sa "Femme à la Bûche", Lynch reste fidèle à ses penchants surréalistes et provocants. Une griffe qui marque tous ses films depuis son premier court-métrage, "The Alphabet" tourné en 68. (*) ICI
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